Orchies : On vous dévoile l’histoire des enseignes en faïence de la ville

Orchies : On vous dévoile l’histoire des enseignes en faïence de la ville


Dans la ville, plusieurs façades sont décorées de superbes enseignes en faïence, signes d’un certain prestige lié à une production locale originale, à la fois spécialisée dans la vaisselle et les carreaux mais aussi artistique à des fins décoratives ou publicitaires déjà !

L’HERMINÉ – COUTEAU
Rue de la Poterne, la brasserie la Faïencerie possède une ancienne et magnifique enseigne en faïence qui rappelle la présence d’une salle de réception et d’un cabaret chez l’Herminé-Couteau. Tout un mystère que ce nom composé qui nous emmène dans une histoire peu connue mais incroyable dans le passé orchésien !
Emile Joseph L’Herminé, tourneur en grosse poterie à Rebaix en Belgique, voulait augmenter sa production. Il s’installe à Orchies vers 1879 au carrefour du Lapin, croisement actuel de la rue de Marchiennes et de la rue Charles Flon. L’endroit devenu trop exigu, il achète en 1886 une ancienne fabrique de textile, rue de la Poterne. Des membres de sa famille, principalement des potiers et faïenciers belges, vont alors le rejoindre en France. Emile aménage sa nouvelle fabrique de poterie et fait construire des tours pour la cuisson. Il se lance dans la fabrication de carreaux de céramiques avec l’aide d’un chimiste en émaux. La manufacture embauchera plus de 250 ouvriers. La production de L’Herminé et Cie sera maintes fois primée pour l’ornementation intérieure et extérieure des immeubles. De 1908 à 1914, Emile L’Herminé sera le maire d’Orchies. La marque OLD qu’on trouve sur les objets représente ainsi Orchies L’Herminé Declerq car Emile avait épousé Marie Thérèse Declercq en 1879.
Depuis le 18e siècle, il existait aussi à Saint-Amand-les-Eaux plusieurs faïenceries dont une au lieu-dit du chemin des Loups qui menait à un moulin. Au fil du temps ces entreprises fusionnent, d’abord en  » Faïence et Porcelaines de St-Amand – Orchies – Hamage  » et en 1923 en  » Manufacture du Moulin des Loups-Hamage « . La nouvelle marque de l’entreprise est un moulin à vent avec le nom Orchies en capitales. Entre 1920 et 1970 la production augmente considérablement et près de 500 personnes y travaillent. Une dernière grande vente de faïence venant de l’Usine du Moulin des Loups eut lieu à l’usine le samedi 13 février 1988 pour le centenaire de la fabrique locale. Aujourd’hui, le site a été rasé, il est occupé par les Ets Envain. Et c’est une brasserie, la Renaissance qui occupe les locaux de l’ancienne cantine des cadres de l’usine de faïence. Un couloir y est encore dédié avec des photos originales.

L’ABATTOIR D’EMILE MAIGROT 
Direction l’abattoir au carrefour du chemin des Prières et du chemin des Abattoirs. C’est l’architecte Emile Maigrot qui en a conçu les plans. Spécialiste notamment des abattoirs et des halles, il remporte le concours lancé par la municipalité d’Orchies en 1908. Une fois construit, pour le valoriser, une superbe enseigne orne son fronton. Les différents carrelages assemblés proviennent aussi de la faïencerie locale L’Herminé. L’abattoir municipal ouvre en 1910 et les bouchers et charcutiers orchésiens étaient dans l’obligation d’aller y tuer leurs bêtes. Il était aménagé pour répondre aux besoins d’une ville de 5 000 habitants. Mais au fil du temps, les installations, devenues vétustes, ne répondaient plus aux normes de d’hygiène. Et surtout son activité diminuée ne pouvait pas compenser les dépenses énormes qu’auraient exigées les réparations à y faire et les équipements nouveaux à y introduire. Un arrêté municipal interdit la poursuite de son activité le 1er avril 1973. Réaménagé depuis, il abrite aujourd’hui différents logements.

Merci à l’Observateur pour cette contribution

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