L’age d’or de l’étain

L’age d’or de l’étain

L’étain atteignit son âge d’or au cours du XVIème et XVIIème siècle. Il devint alors le composant principal des objets destinés aux arts de la table et des articles liturgiques, tels que les assiettes ou encore les candélabres, utilisés de manière universelle dans toute l’Europe. L’art de la fusion devint si sophistiqué qu’on l’utilisa même pour réaliser de véritables œuvres d’art, se présentant sous la forme de crémiers, théières ou soupières, et répondant parfaitement aux caractéristiques des modes du moment. Sans oublier les récipients à boissons (en particulier pour le thé et le café), à vin ou à bière, tels que les carafes et les chopes.

L’attrait changeant du XIXème siècle

Au XIXème siècle, époque du classicisme, la prédilection pour les lignes régulières et fonctionnelles ébranla l’attrait pour l’étain qui, sans pour autant disparaître complètement, diminua de manière considérable. Lorsque la décoration revint à la mode, au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle (ce qui correspond à la période de l’Art nouveau, mieux connu en Italie sous le nom de Stile Liberty), la porcelaine, la verrerie et l’acier avaient alors en grande partie pris la place de l’étain dans le choix des matériaux, ceci étant en partie dû au développement de la production en série. Ce fut à cette époque qu’un nouveau type d’étain, appelé le Britannia metal, devint populaire en raison de son aspect argenté, et de ses lignes souples, adaptées aux modes du moment. Le style floral de l’Art nouveau permit aux artisans d’étain de créer de véritables chefs-d’œuvre pour le compte d’entreprises telles qu’Orivit, WMF, ou J.P. Kayser and Sohn en Allemagne, et Liberty & Co au Royaume-Uni (dont l’étain dit Tudric épousa aussi bien l’Art nouveau que l’Art celte). L’étain Art nouveau était alors, comme c’est encore le cas, très recherché par les collectionneurs.

Les Temps modernes

Fort heureusement, un certain nombre d’ateliers survécurent à l’industrialisation de l’après-guerre, et l’étain artisanal vit actuellement une période de renaissance, en particulier celui produit dans les régions du Nord de l’Italie, qui est extrêmement apprécié à l’échelle mondiale pour son design et la fabrication des services de table. N’utilisant plus de plomb depuis 1970, conformément à la législation, de nombreux ateliers d’étain ont maintenu les formes des styles traditionnels, souvent en raison des coûts élevés des moules utilisés pour fondre les alliages, qui incitèrent les artisans à se les transmettre de génération en génération. Toutefois, l’étain étant un matériau extrêmement polyvalent et malléable, les ateliers d’étain, en fonction de l’habileté des artisans y travaillant, sont capables de concevoir des designs innovants et élégants, alliant l’héritage d’étain traditionnel et la fraîcheur du design du XXIème siècle, et permettant ainsi à ce matériau séculaire de rester dans l’air du temps.

Merci à la Cosi Tabellini pour sa contribution.

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